installation 2008

Le site

La zone d’intervention se situe dans le quartier Bagatelle à Toulouse, près de l’autoroute A620 (périphérique). En se rapprochant, le site est compris entre la rue Henri Desbals, rue de L’Ukraine, rue Rozes de Brousse et rue Paul Lambert.

La recherche d’un site pour l’installation a consisté au départ à un exercice préliminaire d’analyse d’une carte et d’une vue aérienne. Suite à l’analyse et à l’expérience du terrain le choix du lieu d’emplacement s’est arrêté sur la grande place-parking au centre du quartier de Bagatelle.

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On se situe dans une zone urbanisée marquée par une organisation régulière du tissu urbain. La zone en question présente une densité plus faible sur l’horizontale et plus forte sur la verticale (les immeubles collectifs). Sur la vue aérienne deux formes géométriques parcellaires et complémentaires se juxtaposent et nous intriguent : une forme circulaire et une forme carrée. Le cercle est tracé par des chemins sur un espace végétal et le carré est tissé par un réseau régulier orthogonal de points sur une surface bétonnée. En se rapprochant on découvre que les points constituent un réseau de cercles et de carrés intercalés les uns après les autres. En arrière plan, de grands immeubles identiques sont disposés à même distance les uns des autres.

Les éléments retenus

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La visite du lieu amène une autre dimension : l’espace. La rencontre avec l’espace et la perspective est frappante. Rien ne semble correspondre avec la régularité perçue sur la vue arienne, les éléments nous semblent mélangés, intercalés, superposés. Les points ronds sont des éclairages tandis que les points carrés sont des encadrements d’arbres. Les éléments qui retiennent l’attention sont les arbres de petite taille, les éclairages, l’espace bétonné et étendu, l’encadrement et la délimitation, le fond avec des immeubles, la profondeur.

Décisions et processus

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On a décidé ainsi d’utiliser ces éléments et l’espace environnant comme support pour l’installation. L’étendue du parking et les trois dimensions permettent le développement en profondeur en largeur et en hauteur des éléments. On a proposé alors une scénographie constituée essentiellement de panneaux qui vont marquer dans l’espace les points qui correspondent en plan sur la vue aérienne : des panneaux circulaires pour les lampadaires et des panneaux carrés pour les arbres. Les panneaux de dimension 50X50cm sont tous mis à la même hauteur, celle de l’œil (1,60m), et orientées vers un point de vue établi. Les panneaux ont était peints dans des couleurs intenses pour se distinguer : jaune pour le carré et orange pour le rond. Des tests ont était effectués préalablement dans l’espace pour créer des éléments qui sont à l’échelle du lieu choisi.

Pratique et théorie

L’installation s’effectue assez rapidement comme une apparition. Pendent le montage de l’installation, l’espace est traversé par les gens du quartier qui sont intrigués, qui s’arrêtent et qui regardent. L’acte artistique passe d’une dimension individuelle à une expérience collective. Le temps y est favorable : il pleut. Les couleurs sont puissantes et franchissent l’espace grâce à la pluie. En même temps l’installation est éphémère, les couleurs sont lavés par la pluie. A la fin de la journée on ne remarque plus l’installation comme quelque chose de nouveau… elle s’est fondue et intégrée dans le contexte. Les panneaux ont presque la même dimension que les panneaux de signalisation qu’on retrouve sur les rues. L’interrogation est d’autant plus importante quand on change les codes. On crée donc une énigme par l’absence de graphisme ou du figuratif. Ici c’est la forme abstraite et la couleur qui prédomine. Les panneaux sont des éléments abstraits dans un cadre figuratif.

L’arbre, symbole de la nature dans ce contexte, a la même taille que le lampadaire et il est isolé, encadré et multiplié comme si c’était un objet. On peut remarquer la multiplication des mêmes éléments mais cette fois-ci avec la déformation de la perspective et une dimension spatiale.

La photographie de l’installation nous permet de garder le mémoire du lieu et de l’intervention. Aussi elle nous permet d’aplatir l’espace dans le même plan. La trame remarquée en vue aérienne au début, crée un nouveau réseau linéaire mais cette fois-ci irrégulière. Les panneaux n’ont plus la même dimension.

L’urbaniste a conçu un espace régulier en plan mais le résultat réel est en perspective. Cet aspect peut remettre en question les méthodes de conception de l’espace urbain. Après cet exercice on peut se rendre compte qu’à l’échelle de la ville la perspective n’est pas un point à ignorer. Les dessins en plan peuvent être à un grand écart de ce qu’on perçoit en trois dimensions. La géométrie de l’espace est surprenante avec ses multiples points de vue. En conclusion on peut dire que l’espace lui-même par sa nature et avec ses déformations de perspective est organique, fluide et imprévisible.